Ça se veut un genre d'équivalent francophone de l'Expozine, et Ta Mère y sera.
C'est ce samedi (le 13 juin), entre 11h et 18h, au Cœur des sciences de l'UQAM (175, Président-Kennedy). Maudit beau spot, soit dit en passant.
Je n'aurai pas l'occasion d'y passer, mais si vous y faites un tour, donnez-moi des nouvelles. Je suis assez curieuse de voir ce que ça peut donner...
Évidemment, c'est la première année, ça ne sera sûrement pas aussi fréquenté que l'Expozine, d'autant plus que c'est unilingue et que le public anglophone est très présent dans la sphère indépendante. Mais au fond, ça donnera peut-être l'occasion aux visiteurs de flâner un peu plus tranquillement d'un kiosque à l'autre.
Par contre, je me pose une grave question : est-ce qu'il y aura du chili super piquant?
mercredi 10 juin 2009
mercredi 3 juin 2009
Plaisir démodé
Il faut que je vous avoue un truc. Un aveu qui va me faire paraître un peu old school, un peu dépassée, un peu classique, un peu rétrograde, même. Mais qu'importe. Vraiment, je ne peux plus garder ça pour moi. Allez, je vous le confesse : j'adore les alexandrins.
Attention : pas en poésie, où ils ont souvent un petit quelque chose d'obsolète et de froid; mais au théâtre. Les alexandrins au théâtre, ah! C'est quelque chose.
Je sais, je sais, le théâtre en vers, c'est tellement dépassé. Mais honnêtement, comment peut-on résister à une tirade de Racine ou de Molière quand on prend soin de prononcer en lisant toutes les syllabes qui composent chaque vers? Et les rimes, ah! les rimes... Dans un dialogue, c'est tellement incongru, c'en est charmant!
Tenez, je vous fais un petit florilège improvisé tiré d'oeuvres de ces deux messieurs, faites-vous plaisir et lisez-les à voix haute :
Ah ! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme ;
Et lorsqu'on vient à voir vos célestes appas,
Un cœur se laisse prendre, et ne raisonne pas.
Je sais qu'un tel discours de moi paraît étrange ;
Mais, Madame, après tout, je ne suis pas un ange.
(Molière, Le Tartuffe, acte III, scène 3)
Entendez-vous la musique? Et ces formulations qui font des pirouettes pour respecter la contrainte? Et ces contenus anecdotiques transformés en délices par la rime et le rythme? Je ne me lasse pas. Je pourrais relire tout Molière sans m'embêter juste pour le plaisir de lire des (bons) alexandrins. Que voulez-vous, c'est mon petit côté anachronique...
Attention : pas en poésie, où ils ont souvent un petit quelque chose d'obsolète et de froid; mais au théâtre. Les alexandrins au théâtre, ah! C'est quelque chose.
Je sais, je sais, le théâtre en vers, c'est tellement dépassé. Mais honnêtement, comment peut-on résister à une tirade de Racine ou de Molière quand on prend soin de prononcer en lisant toutes les syllabes qui composent chaque vers? Et les rimes, ah! les rimes... Dans un dialogue, c'est tellement incongru, c'en est charmant!
Tenez, je vous fais un petit florilège improvisé tiré d'oeuvres de ces deux messieurs, faites-vous plaisir et lisez-les à voix haute :
Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous,
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus?
(Racine, Bérénice, acte IV, scène 5)
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous?
Que le jour recommence et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus?
(Racine, Bérénice, acte IV, scène 5)
OENONE. Il a pour tout le sexe une haine fatale
PHÈDRE. Je ne me verrai point préférer de rivale.
Enfin tous tes conseils ne sont plus de saison.
Sers ma fureur, Oenone, et non point ma raison.
(Racine, Phèdre, acte III, scène 1)
Sur quelque préférence une estime se fonde
Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde.
(Molière, Le Misanthrope, Acte I, scène 1)
PHÈDRE. Je ne me verrai point préférer de rivale.
Enfin tous tes conseils ne sont plus de saison.
Sers ma fureur, Oenone, et non point ma raison.
(Racine, Phèdre, acte III, scène 1)
Sur quelque préférence une estime se fonde
Et c'est n'estimer rien qu'estimer tout le monde.
(Molière, Le Misanthrope, Acte I, scène 1)
Ah ! pour être dévot, je n'en suis pas moins homme ;
Et lorsqu'on vient à voir vos célestes appas,
Un cœur se laisse prendre, et ne raisonne pas.
Je sais qu'un tel discours de moi paraît étrange ;
Mais, Madame, après tout, je ne suis pas un ange.
(Molière, Le Tartuffe, acte III, scène 3)
Entendez-vous la musique? Et ces formulations qui font des pirouettes pour respecter la contrainte? Et ces contenus anecdotiques transformés en délices par la rime et le rythme? Je ne me lasse pas. Je pourrais relire tout Molière sans m'embêter juste pour le plaisir de lire des (bons) alexandrins. Que voulez-vous, c'est mon petit côté anachronique...
dimanche 31 mai 2009
Il faut (encore) qu'on parle de Loui Mauffette

Je vous l'ai déjà dit : la poésie, c'est pas mon genre littéraire préféré. À part pour quelques exceptions (Gaston Miron, Jacques Brault, Jean-Paul Daoust, Réjean Thomas et une poignée d'autres), je suis extrêmement difficile.
Mais ce gars-là, Loui Mauffette, a accompli ce qui, à mon avis, tient de l'exploit : il a fini par me réconcilier avec la poésie. Déjà, avec Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, il m'avait pas mal jetée à terre, et je vous en avais jasé. Mais là, avec Dans les charbons, il a remis ça, et j'en suis sortie tout aussi heureuse, sinon plus - d'autant que, cette fois, j'étais dans le public, et non en train de travailler.
Ce que ses spectacles ont de miraculeux, c'est qu'il prend plein de textes qu'il aime, et il les colle ensemble en les faisant lire par des acteurs, en citant toujours le nom de l'auteur à la fin, et en rendant ça festif et musical. La mise en scène lie tout ça sans créer d'inutile fil conducteur, et on passe de Nataaq, la chanson de Richard Desjardins (chantée magnifiquement par Kathleen Fortin), à un extrait des Bons débarras, scénario de film de Ducharme, puis à un extrait d'un roman de Duras, puis à un poème de Réjean Thomas, et ainsi de suite, sans plus de cérémonie.
Et l'effet est magique : j'aime la poésie, dans les spectacles de Loui Mauffette. Il revient en septembre, avec Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, à la Cinquième salle de Place des arts... et j'ai bien l'intention d'y aller, encore.
Lancement de Vers l'est

Ta Mère te lance son sixième rejeton demain soir, lundi 1er juin, au merveilleux Vices & Versa. Viens l'attraper et boire un coup avec la famille! On vous attend à bras ouverts, toi et tes 12 dollars!
samedi 30 mai 2009
Aurore
(William m'a refilé la tag-cicatrice démarrée par Bock, et je l'envoie à mon tour à Marie-Pier et à Caroline...)

Dans le petit carnet d'identification qu'on avait reçu à l'école, quand j'étais en 1ere ou en 2e année, et qui servait à tranquilliser l'esprit des parents en leur fournissant d'avance les informations à écrire sur l'avis de recherche de leur enfant si d'aventure celui-ci se faisait enlever, ma mère avait écrit, à côté de "signe distinctif" : "Cicatrice au poignet droit".
C'est pas mal pratique d'avoir un signe distinctif parce que, quand t'es une petite fille aux cheveux bruns et aux yeux bruns, t'es pas facile à identifier pour l'agent de sécurité du centre d'achats qui te cherche parce que t'as perdu ta mère. Pas autant qu'une petite grosse rousse et frisée, mettons.
N'empêche, ma mère, elle s'en voulait (et elle s'en veut encore), parce que, disons-le, si j'ai cette cicatrice-là, c'est un peu de sa faute.
J'avais à peu près deux ans, peut-être trois, et ma mère nous faisait du spaghetti pour dîner. J'avais faim, il paraît, et j'avais hâte de manger mon spaghetti. Mais une fois que les assiettes ont été servies, le téléphone a sonné. Dans ce temps-là, les téléphones avaient un fil, on ne pouvait pas les emporter partout avec nous, et ça s'adonne que le nôtre était dans le salon, à l'autre bout du bungalow. Alors ma mère a fait ce que tous les livres d'éducation disent de ne pas faire, tout simplement parce que, des fois, la vie, c'est pas comme dans les livres d'éducation : elle m'a laissée toute seule dans la cuisine pour aller répondre au téléphone.
Je vous l'ai dit, j'avais faim, alors j'ai étiré les bras pour attraper mon assiette sur le comptoir, pour manger tout de suite, même si ma mère avait décidé d'aller répondre au téléphone et de laisser refroidir son dîner. C'est à ce moment-là que ma mère a entendu hurler : mon poignet s'était, paraît-il, retrouvé sur le rond du poêle à côté du comptoir, qui était éteint, mais encore brûlant. Je me souviens qu'ensuite ma mère a mis de l'onguent, de la glace, et je pense qu'on est allées à la clinique. Mais en tout cas, on n'a pas mangé notre spaghetti.
Et c'est comme ça qu'est apparue ma plus vieille cicatrice, première d'une longue série de brûlures et de coupures.
Ça, c'est la version officielle. Sauf qu'il y a quelque chose de louche, dans cette histoire.
Étant donné la configuration de notre cuisine de l'époque, les assiettes se trouvaient sur le comptoir à la gauche du poêle. Jusque-là, ça va : la cicatrice est sur le poignet droit. Mais vous essaierez, vous, de vous brûler le côté gauche du poignet droit sur un rond de poêle qui se trouve à votre droite...
Ça fait 20 ans que j'essaie de comprendre, et je ne vois toujours pas comment ça a pu arriver.
*
Dans le petit carnet d'identification qu'on avait reçu à l'école, quand j'étais en 1ere ou en 2e année, et qui servait à tranquilliser l'esprit des parents en leur fournissant d'avance les informations à écrire sur l'avis de recherche de leur enfant si d'aventure celui-ci se faisait enlever, ma mère avait écrit, à côté de "signe distinctif" : "Cicatrice au poignet droit".
C'est pas mal pratique d'avoir un signe distinctif parce que, quand t'es une petite fille aux cheveux bruns et aux yeux bruns, t'es pas facile à identifier pour l'agent de sécurité du centre d'achats qui te cherche parce que t'as perdu ta mère. Pas autant qu'une petite grosse rousse et frisée, mettons.
N'empêche, ma mère, elle s'en voulait (et elle s'en veut encore), parce que, disons-le, si j'ai cette cicatrice-là, c'est un peu de sa faute.
J'avais à peu près deux ans, peut-être trois, et ma mère nous faisait du spaghetti pour dîner. J'avais faim, il paraît, et j'avais hâte de manger mon spaghetti. Mais une fois que les assiettes ont été servies, le téléphone a sonné. Dans ce temps-là, les téléphones avaient un fil, on ne pouvait pas les emporter partout avec nous, et ça s'adonne que le nôtre était dans le salon, à l'autre bout du bungalow. Alors ma mère a fait ce que tous les livres d'éducation disent de ne pas faire, tout simplement parce que, des fois, la vie, c'est pas comme dans les livres d'éducation : elle m'a laissée toute seule dans la cuisine pour aller répondre au téléphone.
Je vous l'ai dit, j'avais faim, alors j'ai étiré les bras pour attraper mon assiette sur le comptoir, pour manger tout de suite, même si ma mère avait décidé d'aller répondre au téléphone et de laisser refroidir son dîner. C'est à ce moment-là que ma mère a entendu hurler : mon poignet s'était, paraît-il, retrouvé sur le rond du poêle à côté du comptoir, qui était éteint, mais encore brûlant. Je me souviens qu'ensuite ma mère a mis de l'onguent, de la glace, et je pense qu'on est allées à la clinique. Mais en tout cas, on n'a pas mangé notre spaghetti.
Et c'est comme ça qu'est apparue ma plus vieille cicatrice, première d'une longue série de brûlures et de coupures.
*
Ça, c'est la version officielle. Sauf qu'il y a quelque chose de louche, dans cette histoire.
Étant donné la configuration de notre cuisine de l'époque, les assiettes se trouvaient sur le comptoir à la gauche du poêle. Jusque-là, ça va : la cicatrice est sur le poignet droit. Mais vous essaierez, vous, de vous brûler le côté gauche du poignet droit sur un rond de poêle qui se trouve à votre droite...
Ça fait 20 ans que j'essaie de comprendre, et je ne vois toujours pas comment ça a pu arriver.
Stop ou encore?

Zviane a fait une longue BD l'autre jour sur le blogue et l'autobio en BD et, notamment, elle disait ceci : "Un blog, c'est comme un monstre affamé. Tu dois toujours le nourrir, et ça te stresse. Mais t'as un salaire : les commentaires et l'affluence. Il vient un temps où tu n'as pas envie de poster, mais tu le fais juste pour nourrir le monstre".
J'ai ouvert ce blogue parce que j'avais plein de choses à raconter emprisonnées dans ma tête, et que j'avais envie d'avoir un endroit où les faire sortir, où les partager. Mais je n'avais pas pensé à la paresse, celle qui fait que je préfère raconter les choses de vive voix, d'un jet, parce que ça va plus vite; celle qui fait qu'une fois le billet écrit dans ma tête, je perds le goût de m'asseoir pour le taper; celle qui fait aussi, sans doute, que j'ai envie de devenir prof de cégep plutôt que de rédiger des articles savants à longueur d'année.
Et pourtant, j'aime écrire. De la fiction autant que de la théorie. J'en ai besoin.
Ces choses-là, que j'ai envie de raconter, elles sont encore là. Le stock se renouvelle tous les jours. Il faut juste que je reprenne l'habitude de les mettre ici, avant qu'elles me quittent dans un flot de paroles...
Allez, on essaie encore.
samedi 2 mai 2009
Mille excuses milady
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