Étant née, pourrait-on dire, au beau milieu du (petit) champ littéraire québécois, je me suis toujours tenue plus ou moins loin des études littéraires. Avec tout cet héritage familial et parafamilial, la voie m'était comme tracée d'avance, et je trouvais ça trop facile (et par le fait même un peu méprisable et plutôt épeurant). Je trouvais ça incestueux, aussi, tant le milieu littéraire (et le Québec au complet) est petit.
L'an dernier, après un bac en Art Dramatique (critique et dramaturgie) où je suis tranquillement passée de la pratique du théâtre à l'analyse dramaturgique, j'ai fini par me rendre à l'évidence : il y avait une place pour moi en études littéraires. Je rendais les armes et je formais le projet d'enseigner, un jour, la littérature à des cégepiens ou, qui sait, à des universitaires en devenir.
Sans trop y réfléchir, j'ai choisi le profil Études québécoises du bac en littérature. Et maintenant, je me rappelle pourquoi, tout ce temps, je m'étais tenue à distance.
Cette session-ci, j'ai eu une prof qui citait mon oncle, poète et chercheur, à peu près dix fois par cours. J'ai étudié, en lecture obligatoire, les textes de la meilleure amie de ma mère, poète et romancière. Deux collègues de mon père, poètes mais dont l'un est aussi éditeur, participeront à une table-ronde dans un de mes cours. Et tout à l'heure, boutte du boutte, en cherchant de quoi étoffer un peu mon travail de fin de session dans un livre dudit oncle (suggéré par la prof), je tombe sur une dédidace à nul autre que... mon père.
Si c'est pas assez incestueux à votre goût, ça...
(Et comme le milieu de l'édition indépendante est encore plus petit, Max et moi on apparaît dans une
BD de Zviane sur l'Expozine. Fiou!)