
La convention collective des professeurs de l'UQAM est échue depuis deux ans. Leur traitement est inférieur à celui des professeurs de l'UdeM. Et le ratio prof/étudiants est particulièrement dramatique. Depuis quelques semaines, leur syndicat, le SPUQ, organise donc des journées de grève ponctuelles. Et là, une semaine de grève continue vient d'être votée pour la semaine prochaine.
Les profs, foulard orange au cou et pancarte à la main, se sont regroupés devant les entrées des pavillons pour distribuer des tracts informatifs, mais aussi pour attirer l'attention des passants en sifflant et en faisant du bruit. Ils ne bloquaient pas les portes, ils ne faisaient que manifester leur présence. Une grève ordinaire, quoi. Comme disait Max en traversant le nuage de grévistes à l'entrée du DS, l'autre jour : "Same old, same old" : rien de nouveau sous le soleil de l'UQAM.
Justement.
L'un des profs, sans doute l'un de ceux qui ont voté contre la proposition de grève (bien qu'il reconnaisse la pertinence des revendications), a écrit une
lettre au Devoir, aujourd'hui. Son argument est le même que celui des étudiants qui, dans les assemblées générales, viennent se prononcer contre les grèves : il y a sûrement un autre moyen de se faire entendre. Comment se fait-il, s'interroge-t-il, que ce rassemblement hors-norme de gens intelligents et éduqués n'ait pas eu l'illumination, n'ait pas enfin trouvé le moyen de pression qui pourrait servir la cause mieux que la grève?
La question mérite d'être posée. Parce que l'UQAM commence à avoir la grève comme principale caractéristique, comme un slogan tatoué sur les briques du Judith-Jasmin. Et malgré mon appui à la lutte du SPUQ, je m'inquiète de la réputation que mon université est en train de se faire - parce que la direction, elle, sait très bien présenter la situation à son avantage, faisant de ses profs et de ses étudiants des enfants gâtés inconscients de la réalité, entrant en grève au moindre prétexte.